Adepte du transport en commun, je prends depuis plusieurs années, comme plusieurs Montréalais et gens de la banlieue, le métro pour mes déplacements, que ce soit pour le travail ou les loisirs. Souvent dans le métro, je suis attirée par la musique qui émane des corridors. Intriguée par ces musiciens du monde souterrain, je me suis interrogée sur leur vie à la surface, sur les raisons qui les poussaient à jouer dans le métro.
Fin 2009, j’ai publié le livre Histoires à coucher dehors; des itinérants se racontent aux éditions Nouvelle Optique. (Il est possible de vous procurer une copie de ce livre en communiquant avec moi par courriel à kprojean@gmail.com.) Dans ce livre, je trace le portrait de dix personnes itinérantes ou démunies qui fréquentent les ressources et de trois intervenants qui travaillent auprès d’eux. Par la suite, j’ai souhaité raconter quelque chose de plus ludique, mais qui faisait tout autant partie du paysage montréalais. Un beau jour, dans le métro, l’idée m’est apparue : pourquoi ne pas présenter des musiciens du métro? Après tout, ils devaient en avoir de belles à raconter eux aussi. Et puis, c’est bien dans le métro que les Colocs se sont formés, non?
Dans le métro, les seuls amuseurs publics autorisés sont les musiciens. Pour pouvoir jouer, ils doivent communiquer avec l’Association des musiciens indépendants du métro, qui existe depuis 1983. Il n’est pas nécessaire d’avoir un permis pour jouer dans le métro. Sauf qu’il faut pouvoir prouver qu’on sait jouer, et ainsi passer une audition. Si l’audition, qui ne cherche pas à définir les styles joués dans le métro, est réussie, l’individu reçoit une carte de membre, qui lui sert de permis. Ces mesures ont été mises en place l’an dernier, et les auditions tenues au printemps 2010. Pour passer une audition, les aspirants musiciens doivent débourser 20$ et 60$ par année qui leur permet de jouer. Exit donc les musiciens d’un jour ou de fin du mois. Montréal n’est pas la seule métropole à avoir instauré un tel système : Toronto et New York ont-elles aussi un système de permis pour les musiciens souterrains.
Pour jouer dans le métro, il faut se présenter le matin même aux stations où on désire jouer et inscrire son nom sur la liste. Chaque musicien a droit à deux heures par jour, par station. Il va sans dire que certaines stations sont plus en demande que d’autres; Lionel-Groulx, par exemple, a selon les musiciens interrogés une acoustique exceptionnelle. D’autres stations sont choisies pour leur achalandage à certaines heures.
Le métro de Montréal compte 86 stations réparties sur 4 lignes. Cent quarante-et-une personnes sont membres de l’Association des musiciens, sur environ deux cent cinquante musiciens.
Le Regroupement est un organisme indépendant de la STM qui a une entente de partenariat avec celle-ci.
Il n’y a pas toujours eu des musiciens dans le métro de Montréal, m’a raconté Dino, que je vous présente dans ce blogue. «L’avènement des musiciens-troubadours remonte au début des années quatre-vingt. Je pourrais te mettre en contact avec Gérald Cabot qui est là depuis les tout débuts. Grégoire Dun Levy était en cour lors du jugement en 83. On parle d’une douzaine de musiciens qui avaient accumulé des contraventions de l’ordre de…il y en avait un qui avait accumulé jusqu’à 12 000$ de contravention. Le règlement à ce moment-là disait qu’aucune sollicitation n’était permise, et on embarquait sur le même règlement que les prostituées. On avait le même traitement que les prostituées, que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur. Donc le musicien-troubadour, quand il voyait la police, il paquetait ses petits et il se sauvait en courant. Sinon, c’était 200 piastres d’amende. On parle d’argent, 200$ en 1980. Aujourd’hui, les contraventions, c’est 135$ la première. Ça dépend des policiers. Ça va de 65 à 135$. On a des contraventions parce qu’on joue dans un espace non approprié, non autorisé, ou s’il y a une plainte pour le bruit, le même que chez vous. La différence c’est que le musiciens de rue est plus exposé. Certains calculent le risque et se disent que la contravention vaut la peine.»
Je souhaite avec ce blogue vous présenter des hommes et des femmes qui gagnent leur croûte dans le métro en vous divertissant et en mettant un baume sur votre cœur. Bonne lecture!
Bonjour Mmme Projean,
RépondreEffacerJe vous écris pour vous faire part de mes encouragements envers votre blogue sur les musiciens de la rue. Sachez qu'il s'agit d'un sujet qui m’intéresse grandement et je souhaiterais que vous me viendrais en aide afin de collaborer dans le cadre d'un projet scolaire sur ce même sujet.
Permettez-moi d'expliquer brièvement le but de mon projet. J'étudie dans une école secondaire où le programme de baccalauréat international est mis de l'avant. Par conséquent je dois remettre cette année un projet personnel du sujet de notre choix. Je compte faire un petit documentaire vidéo sur les musiciens itinérants de Montréal afin de sensibiliser les gens et lever le voile sur tous les stéréotypes qui peuvent tourner au tour d'eux. Je prévoyais donc avoir une personne-ressource qui connaît le sujet et que je pourrais prendre en entrevue.
Je vous demande donc de bien vouloir repondre à quelques questions et si possible, en perssone d'ici environ un mois.Veuillez me répondre s'il vous plaît à mon adresse couriel: pablojuanito95@hotmail.com
Merci de votre collaboration à l'avance!! :)